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La passion du Christ

La passion du ChristAprès un dernier repas avec ses disciples, Jésus de Nazareth se recueille au Jardin des Oliviers, il prie et subit une nouvelle fois la tentation de Satan. Mais bientôt, il sera mis aux arrêts, trahi par Judas, un des siens. Les pharisiens le livreront aux romains en demandant son exécution pour blasphème. C’est là que le supplice commence.

Après un début assez fidèle, le film bascule assez vite dans une boucherie innommable. Là où l’on aurait pu faire preuve de subtilité, devient un déluge d’hémoglobine. La subtilité n’est pas ce qui étouffe Mel. On aurait bien compris que le prisonnier va déguster, après 3 coups de fouets. Non, il a fallu que la caméra s’attarde sur chaque coup, rendant l’humanité de Jésus encore moins crédible. Et puis quand il y’en a plus, il y’en a encore, les vilains dégainent le fouet avec les lames de rasoir, qui ont tôt fait de réduire le Rabbi en charpie, avec giclée de sang et de peau. Et ça ne s’arrête pas de sitôt, puisque ça continue encore et encore, jusqu’au bout, avec ralentis hollywoodien pour faire film d’auteur. Et le film est assez vicieux, puisque c’est entrecoupé de flash-back assez kitsch, donc âme sensible, pas le moyen de savoir quand frappera le prochain marteau ou le prochain fouet. Abject. Il est évident que Mel Gibson a un problème avec la torture et la violence. En témoignent ses différents films de l’Arme Fatale 1 à 4 en passant par Payback, il y’a systématiquement une scène de torture, où le gentil se fait méchamment dérouiller la gueule. Et bien ici, c’est une best of, moins les électrocutions.

Antisémite ? Oui, sans aucun doute, mais par simplisme. Le film brille surtout par son extraordinaire bêtise. Le mot pharisien n’est prononcé qu’une fois dans tout le film, l’œil peu aiguisé et l’être peu connaisseur en Nouveau Testament aura vite fait de simplifier en « juifs ». Quelle crédibilité donner alors à un récit qui identifie clairement trois camps manichéens sans donner de clefs supplémentaires au spectateur. Et ce n’est pas la brève phrase, une des rares choses qui pourrait rattraper le propos dénaturé du Fils de l’Homme, rappelant que Jésus meurt, non pas pour la faute des hommes, mais pour les hommes, pour tous leur péchés. Circonstance aggravante, Pilate, plus qu’un gouverneur dépassé par les événements passe pour un brave type, digne en toute circonstance. Le film va même jusqu’à lui retirer ses phrases de culpabilités, comme pour encore plus charger la barque. Et il y’en a comme ça un paquet. Le chagrin qui pousse Judas à se suicider devient une hallucination grotesque (alors que le film l’avait jusqu’à un certain point bien traité). Mais il est évident que ce genre de «détail » dépasse le spectateur lambda, auquel je conseillerais plutôt de revoir la Passion selon St Matthieu, de Pasolini, ressorti en DVD l’année dernière. Il est d’ailleurs à noter que certains détails de ci, de là, sont modifiés sans doute par la volonté du réalisateur, pour encore plus asséner son message à coup de gourdin dans la figure.

Il est assez révoltant et inquiétant de voir que tout ce qu’inspire le message du Christ à un croyant, cela soit ces deux heures de boucherie. Du cinéma d’abrutis.

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